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Extraits de vie

05/10/2019

Mon corps tremble sans que je puisse le contrôler.
Je suis allongée sur ce lit. Je m’affaiblit de jour en jour, bientôt je n’aurais plus la force d’être triste.
Leurs voix me parviennent de loin, comme si j’étais sous l’eau.
Peut-être que je me suis réellement noyée dans ce monde. Et que je suis en train de rêver.
Rêver…
Je n’ai plus la force d’arrêter.
Je vais mieux. Fermer les yeux, partir ailleurs, parfois dans le sommeil.
Je confond la réalité à mes cauchemars.
Je n’ai plus peur. Juste très, très froid.
Le trou noir m’attire en m’embrasse, et je me dis que cet amant est toxique, mais je le laisse faire.
Je n’en ressortirais pas indemne, ils le savent mieux que moi.
Parfois je me lève. Je regarde à travers la vitre gelée. J’appuie ma main contre elle.

Elle va se briser tu vas tomber toucher le sol frôler la grisaille du ciel appeler les anges ils vont t’emmener tu ne reverras plus

.Lbx.

Poèmes

Il y a du sang sur la porte

Pardon maman, je n’ai pas réussi à l’enlever

Une mèche de cheveux tombe devant mes yeux

Il fait si sombre ici

Faut-il la couper ?

Carrelage glacé sur paupières brûlantes

J’ai voulu me relever…

Mais il fait si sombre ici.

Reviens, reviens, reviens,

Ne reviens pas.

Elle a crié trop fort, si fort qu’il n’a rien entendu.

Il pleut mais le ciel reste bleu…

J’ignorais que la peau était un paradis.

Raclement de couteau sur fond de musique,

Genoux agités, ongles violacés,

La buée sur les miroirs brisés se tait.

Soleil confondu aux autres étoiles

Lointain, l’obscurité le voile.

21h15. Battements.

Extraits de vie

la tête dans les étoiles

16.09.2019

21h15, et le cœur dans ma poitrine ne cesse de battre.
Je l’entends vibrer dans toute mon âme.

Calme, toi, calme toi.
Tout est doux ici, tout va bien.

Je suis adossée à une grande baie vitrée surplombant la ville.
De petites lumières clignotent au loin. On dirait qu’elles veulent dire quelque chose, toutes en même temps.
Le verre froid de la nuit contre mes omoplates brûlantes, la climatisation qui ronronne, les voix qui résonnent.

La fraîcheur du noir me gagne. Ou plutôt, celle de mes pensées.
Toujours les mêmes phrases, en boucle.
Mes petits fantômes à moi, bien gardés…
Certaines personnes veulent exorciser leur passé.
Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que le passé est inchangeable, et qu’il est intimement lié au présent.
Sans passé, nous n’existons pas.

En condamnant votre passé, vous reniez la personne que vous êtes, celle qui s’est construite sur votre histoire. Vous reniez une partie essentielle de vous.

Mes petits fantômes chéris…
Je les laisse se fondre en moi.
Tellement, que parfois ce n’est pas moi qui agis, mais eux.

Nous sommes tous le fantôme de quelqu’un.
Ne l’oublions pas.
Une partie indéfinie de nous a marqué une personne un jour, et depuis, un peu de nous vit en elle.

Je ne veux pas être heureuse.

Textes

People are poison

23.09.2019

Si être heureuse signifie qu’il faut se satisfaire de ce que le monde est, si être heureuse signifie de fermer les yeux sur les choses qui font mal.

Je ne veux pas être heureuse.
Tu m’entends ?
JE NE VEUX PAS ÊTRE HEUREUSE.

Si quand t’es « heureuse », tu fais du mal aux autres, alors à quoi ça sert ?
Mais bordel, tout cela est indisociable. On passe notre vie à faire du mal aux autres et à réparer leurs blessures.

Je ne veux pas croire aux mensonges.

Je ne veux pas me réveiller le matin en me disant que tout va bien. Ça ne va pas.

Je veux hurler au monde entier la vérité.
Je veux brûler vos ailes.
Parce qu’elles m’empêchent de voir le soleil.

Te dire…

Textes

Fleurs de soleil
24.09.2019
J’aimerais pouvoir te dire que c’est pas grave. Que c’est qu’une passe, un court instant de douleur, et puis que ce sera fini.
J’aimerais te dire qu’il ne me fait pas mal, ce monde, celui de devant mes yeux et celui de derrière mes paupières.
J’aimerais te dire que ces marques ne sont faites qu’au feutre et pas au fer blanc, que mes artistes sont des poètes et non pas des dictateurs.
J’aimerais te dire que la mort sera brève et indolore.
J’aimerais te dire des tas de choses qui font du bien, parce que je sais que tu m’aimes.
Mais peut-on seulement aimer un naufragé qui ne reviendra jamais ? Tu penses à tord que tu peux me rejoindre. Mes pieds sont pris dans des chaines, j’y ai jeté la clé.
Encore une fois, prisonnière de moi-même.

Vitraux

Textes

chapelle

26.09.2019

Il y a des milliers de façon de lire un visage.

C’était une mauvaise idée de croire que que je n’étais qu’une enveloppe.
Nous sommes toujours plus que ce que nous laissons paraître.

Je suis ça, des milliards de déclinaisons. Et ça les amuse, et ça me fait peur.
Parce-que tu entres dans le monde, le monde entre en toi.

Dans les pièces bondées, les miroirs s’entrechoquent. Je ne parvient jamais à entrapercevoir un morceau entier.

C’est ça, pour moi, l’humanité.
De petits bouts de verre brisés qui s’assemblent, formant une mosaïque qui n’existe que parce-qu’on est là.
On apporte au monde un peu de nos rêves déchus.

Au début, lorsqu’on s’en rend compte, ça nous tue. Lente lapidation de l’esprit.

Chaque morceaux qui se sépare d’une âme nous fend le cœur.
Mais c’est pas grave, si ça fait toujours mal.

Parfois, on refuse tellement de voir que l’on est cassé, que l’on s’éloigne des autres.
« Je ne suis pas brisé. Je n’ai pas besoin des autres pour me sentir entier ».

Si tu savais à quel point c’est faux. A quel point tu deviens fausse en te disant ça.
Et parfois, seulement quand la mosaïque lui ressemble, tu te dis que oui, tu as vraiment besoin d’elle.

Prisonnière.

Extraits de vie

21.09.2019

Je suis malade. Étrangement, cela me fait du bien. Je me sens légitime d’avoir mal.

Il y a encore des voix qui tournent dans ma tête, les mêmes scènes en boucle. Je bloque sur un mot, une image, confond la réalité avec mes cauchemars. C’est pas grave.

Pour la première fois, j’ai pas envie que son visage disparaisse. Je n’ai pas peur, il veille sur moi.

Mes mains sont glacées. Je crois que c’est parce-que mon cœur absorbe toute la chaleur de mon corps.

Tout me fait mal. Un froissement de tissu, l’aboiement d’un chien au loin, le goût de l’eau, la colère de ma sœur, une inspiration, le poids de mes lunettes sur mon nez, l’odeur de mon jean, mes talons sur le sol, le moindre mouvement. C’est étrange quand on y pense. Ce genre de chose ne devrait pas nous faire mal. Et pourtant…

Parfois, j’en ai assez d’avoir mal. Je m’énerve contre le monde. Je veux faire taire le chien et la colère de ma sœur, enlever mes lunettes, mon jean, m’allonger sur quelque chose qui n’aurait pas de texture, oublier. Mais c’est pas possible, et je crois que c’est cela le plus difficile.

Je suis prisonnière de mon propre corps. Pourquoi ?

Tu sais, le gris c’est une belle couleur.

Extraits de vie
Nous tombons. Nous nous cassons. Nous ratons.
Mais alors, nous nous élevons. Nous guérissons. Nous surmontons.

26.08.2019

Tu sais, ce n’est pas grave. De se prendre la tête, puis de s’en foutre, d’aimer, puis d’haïr, d’être idéaliste, puis pessimiste, d’être belle, puis étrange, puis coincée, puis sociable.

Ce n’est pas grave de changer et d’être rigide.

On dit que tu es quelqu’un de stable.

Alors qu’au fond de toi, tout change perpétuellement, tangue, tout menace de s’écrouler, à chaque instant.

La nuit, les douces insomnies et l’angoissant sommeil. Les matins ensoleillés où tu veux rester chez toi, ceux pluvieux où tu veux aller danser pieds nus dans le jardin. Quand tu le regarde avec amour et que tu as envie de le frapper. Quand tu ne te maquilles pas car tu es superficielle. Quand tu détestes les choses agréables.

Tu es peut-être malade. Les gens posent souvent des mots sur ce genre de phénomènes. Parce-que ce n’est pas commun, c’est une maladie ?

Mais tu t’en fous.

Tu t’en fous parce-que tu es incroyablement et ordinairement folle et lucide. Peut-être qu’au fond, c’est cela la stabilité. Toutes ces choses en nous qui se complètent.

Les gens ont peur des paradoxes. Ils veulent que tout soit blanc ou noir, même s’ils ne l’avouent pas souvent. Le gris est une belle couleur, je trouve.